Les carburants alternatifs dans le secteur du Transport Routier
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Le secteur du transport routier est au cœur de la transition énergétique. Entre la hausse du prix du diesel, les contraintes réglementaires (ZFE), les exigences environnementales des donneurs d’ordre et les enjeux d’image, les transporteurs doivent repenser leurs modèles énergétiques.
Les carburants alternatifs offrent des solutions crédibles. Mais comment s’y retrouver parmi les choix disponibles ?
Pourquoi se tourner vers les carburants alternatifs ?
Les ZFE restreignent progressivement l’accès des véhicules les plus polluants. Les véhicules alternatifs deviennent essentiels pour contribuer à accéder à certains centres logistiques et urbains. De plus en plus de clients intègrent des critères environnementaux dans leurs appels d’offres. Des véhicules plus propres deviennent un levier commercial.
Certaines énergies alternatives permettent :
- Une réduction des coûts de carburants,
- Une baisse des coûts d’entretien,
- Des avantages fiscaux.
Quels carburants alternatifs et pour quels usages ?
A) GNV / Bio GNV
Le GNV représente aujourd’hui une alternative mature composée de méthane.
Elle permet de réduire significativement les émissions de CO2 et des particules fines, tout en diminuant le niveau sonore des véhicules.
En revanche, le réseau de stations d’approvisionnement reste encore inégal selon les régions, et l’autonomie est généralement plus faible qu’avec le diesel.
Cette solution est particulièrement adaptée à la distribution régionale ou urbaine.
B) HVO
L’Huile Végétale Hydrotraitée constitue une voie de transition simple, puisqu’il est compatible avec une grande partie des moteurs diesel existants.
Il réduit également les émissions de CO2 de 82%.
Cependant, son coût à la pompe est légèrement supérieur à celui du gazole et sa disponibilité peut varier selon les territoires.
C’est une option idéale pour commencer à décarboner rapidement un parc de véhicules sans investissement matériel majeur.
C) Electrique
La motorisation électrique offre, quant à elle, un fonctionnement sans émission à l’usage et un silence très appréciable en ville.
Ses limites concernent l’autonomie des batteries et le temps de recharge, qui imposent une organisation adaptée.
Elle convient particulièrement aux tournées courtes, aux livraisons urbaines ou aux activités régulières avec point de recharge disponibles.
D) Hydrogène
L’hydrogène apparaît comme une solution prometteuse, notamment pour les trajets longue distance.
Ses atouts principaux sont l’autonomie élevée et la rapidité de ravitaillement.
Toutefois, les coûts d’achat restent encore élevés et l’infrastructure est en phase de déploiement. Il s’agit donc d’une technologie à envisager dans une perspective de moyen à long terme.
Pour conclure, le transport routier se trouve à un tournant décisif de son évolution. Face à la pression croissante des réglementations environnementales, à la hausse du coût du diesel et aux nouvelles exigences des clients, la transition vers des carburants alternatifs n’est plus une option mais une nécessité stratégique.
Si chaque énergie GNV, HVO, électrique ou hydrogène présentent ses propres avantages et contraintes, elles constituent ensemble un panel de solutions complémentaires permettant d’adapter les véhicules aux différents usages et territoires.
Le choix du bon carburant dépendra donc de la typologie des trajets, des infrastructures disponibles et de la capacité d’investissement de chaque transporteur.
Engager cette transition dès aujourd’hui, c’est non seulement anticiper les futures contraintes réglementaires, mais aussi renforcer la compétitivité, l’image et la durabilité du secteur.
